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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 10:01

 

 

 

Perif 3625

 

 

porte de bagnolet, 03 février 2011


 

 

Vendredi 1er août (2008)

14h14. Porte de Pantin/ périf intérieur. Un homme d’âge mur et un peu corpulent marche le long du parapet extérieur dans le sens contraire à la circulation. Il porte des lunettes, un jean et un T-shirt de couleur claire et sous le bras droit un grand tube gris. Quand j’arrive à sa hauteur, il trébuche. J’écoute une sonate de Bach.

14h17. Porte de Bagnolet.

Un homme marche sur le talus extérieur dans le sens contraire à la circulation. Il est jeune, tient une muselière dans la main droite. Je ne vois pas de chien.

 

Published by Françoise Poulin-Jacob - dans périphériques
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commentaires

Franz 26/10/2011 10:17


Patrick,il y a dans cette tentative de description de ce lieu inqualifiable qu'est le périf cette intention impossible de lui donner une identité qui se définirait par un non-lieu, non-temps,
vertigineux. Rien ne s'arrête jamais sur le périf, ni l'espace, ni le temps. Du périf, on en sort mais on ne s'y arrête pas.Bien sur Perec n'est jamais loin.


Patrick Flandrin 25/10/2011 14:58


Peut-être est-ce le n&b, mais je trouve à cette photo quelque chose d'inactuel, on pourrait presque la croire sortie des années 70 ou 80. L'image et la description factuelle associée, détaillée
et clinique, me font penser (j'imagine que tu ne t'en étonneras pas et que tu refuseras pas la parenté) au Perec de "Un homme qui dort". Un instant arrêté dans une longue déambulation (renforcé par
le décalage temporel entre le texte et la photo), le regard qui s'accroche à des presque riens et qui s'en détache aussitôt, l'idée que l'on pourrait être dans un film qui tourne en boucle comme le
périph', dans une séance qui n'a pas vraiment de début ni de fin et où toutes les singularités croisées finissent par devenir interchangeables.