Rimini, août 2009
Je me souviens des pantalons en peau de pêche.
Je me souviens des pantalons en velours.
Je me souviens des pantalons patte d’éléphant.
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Rimini, août 2009
Je me souviens des pantalons en peau de pêche.
Je me souviens des pantalons en velours.
Je me souviens des pantalons patte d’éléphant.
Porte Dorée, 10 septembre 2012
Je me souviens du parfum si particulier de vieux appartements parisiens à la lumière parcimonieuse,odeurs mêlées de ragoûts et de bois cirés .
Paris, octobre 2009
Je me souviens des jours de classe où il y avait « cinéma ».Il s’agissait de films pédagogiques projetés en super-8 et en noir et blanc bien sur et qui dataient déjà d’une bonne décennie. On les appelait "documentaires" ...
On y apprenait comment le boulanger faisait son pain, comment le maréchal-ferrant ferrait les chevaux et bien d’autres choses ...
Ce jour là on échappait aux inévitables croisements de trains et autres remplissages de lavabo. C’était comme un départ en grandes vacances. Sur l’écran tendu devant le tableau noir, les gamins avaient l'allure de ceux de "la guerre des boutons" et j’étais toujours un peu jalouse de leur liberté.
Je me souviens d’un jouet que j’ai longtemps convoité. J’avais six ans. Dans la vitrine du libraire qui vendait aussi la presse, de la papèterie et quelques jouets (on trouve encore en province quelques rares pépites de ce genre), fut exposé pendant longtemps un modèle réduit de caravane. La porte et les fenêtres du jouet s’ouvraient et on pouvait distinguer à l’intérieur fait d’une seule pièce de plastique rouge moulé, un lit, une table, des sièges et un coin cuisine. Il n’y avait pas de personnage. J’ai longuement investi cette caravane qui me fut promise contre un bon bulletin ou une bonne conduite, je ne sais plus. Je ne me souviens même plus si je l’ai un jour obtenue. Seuls subsistent dans ma mémoire, la convoitise et les heures passées à l’intérieur.
Je me souviens du parfum du savon de Marseille quand on revenait du jardin et qu’on entrait par la cuisine .
station Liège, novembre 2011
Je me souviens du métro sur la ligne 13 avec ses sièges en bois, l’angle extérieur des dossiers se finissant par une barre chromée, le dos des sièges habillé de contreplaqué verdâtre, incrusté du logo de l’époque de la RATP. Je me souviens de la liste des priorités pour s’assoir. Il y avait « les gueules cassées ». Il y avait les « veuves de guerre ».
Golfe du Morbihan, 1er octobre 2011
Je me souviens d’un tailleur rouge que ma mère a longtemps porté. Il était d’un tissu synthétique, indéformable. La jupe était droite, tenue à la taille par un élastique et la veste n’avait pas de manches mais un col. Il était doux et confortable.
Rouen, août 2010
Je me souviens d’avoir voyagé dans un wagon-lit avec mes grands-parents.
Je me souviens du son que produisait chaque chose, de l’éclat particulier des sons métalliques.
Je me souviens qu’au petit matin par la vitre j’ai vu la mer et les mimosas en fleurs.
Paris, juin 2011
Je me souviens du revêtement de linoléum qui recouvrait le couloir de l’appartement de ma grand-mère paternelle. Il était d’un camaïeu de bleus et de blancs qui formait des sortes de petites vagues. Au mur, était accrochée une petite reproduction de « la vague » d’Hokusai. En réalité c’est maintenant que je pense reconnaître cette image. Mais c’était bien une vague et bien une gravure japonaise.
Françoise Poulin-Jacob